Depuis le début de l’année, plus de 15 femmes ont été assassinées au Sénégal dans le cadre conjugal ou familial. Ces morts ne sont ni des faits divers, ni des drames isolés. Elles relèvent d’un phénomène structurel: des violences sur les femmes rendues possibles, par un cadre social, juridique et politique défaillant.
Le silence des autorités face à ces crimes n’est pas neutre. Il traduit une hiérarchisation des urgences où la vie des femmes n’est pas traitée comme une priorité politique.
FRAPP : Plus de 15 féminicides, ce pays tue les femmes !
Depuis le début de l’année, plus de 15 femmes ont été assassinées au Sénégal dans le cadre conjugal ou familial. Ces morts ne sont ni des faits divers, ni des drames isolés. Elles relèvent d’un phénomène structurel: des violences sur les femmes rendues possibles, par un cadre social, juridique et politique défaillant.
Le silence des autorités face à ces crimes n’est pas neutre. Il traduit une hiérarchisation des urgences où la vie des femmes n’est pas traitée comme une priorité politique.
Nous l’affirmons avec force : les féminicides sont des crimes politiques. Ils sont le produit de rapports de domination systémiques et de l’absence criante de mécanismes publics de protection efficaces, pourtant promis dans le programme du gouvernement actuel.
Dans la continuité de ces engagements, le gouvernement avait annoncé une réforme du Code de la famille dans ces points :
-Elargissement de l’autorité parentale à la femme;
-Autorisation de la recherche de paternité pour les femmes et les filles victimes de grossesses non désirées;
-Reversement systématique de la pension de la femme décédée à ses ayants droits même lorsque le conjoint est un travailleur;
À ce titre, le FRAPP et ses partenaires rappellent que la réforme du code de la famille constitue une promesse électorale non tenue à date, et exigent :
-L’implication forte et continue du ministre de la famille et des solidarités
-La reconnaissance officielle du féminicide dans notre juridiction comme catégorie spécifique de crime au même titre que l’infanticide ou le parricide
-La mise en œuvre immédiate de la réforme du Code de la famille annoncée par le gouvernement
-La mise en place de politiques publiques de prévention et de protection
Nous refusons l’argument selon lequel ces questions seraient secondaires ou diviseraient les luttes. Il n’y a pas de libération populaire possible dans une société où les femmes vivent sous la menace permanente de la violence ou de la mort.
Nous appelons l’ensemble des forces progressistes et populaires à se joindre à nous afin de lancer prochainement une campagne pour les droits inaliénables des femmes.
Le FRAPP continuera à se mobiliser jusqu’à ce que la protection des femmes devienne une priorité politique réelle et assumée au Sénégal et en Afrique.
Le Secrétariat Exécutif National (SEN) du FRAPP
Dakar, le 17 Décembre 2025